dimanche 10 mai 2009

Luoyang - Temples Shaolin

Depuis Nanjing je pris le train pour Luoyang, où je visitai tour à tour une ancienne école confucéenne, un temple du boudhisme zen, et le temple Shaolin, mecque des fans d'arts martiaux. A côté du temple se trouvent de nombreuses écoles de kung fu où sont mis en pension dès leur plus jeune âge ceux qui plus tard rejoindront les rangs de l'armée, les plateaux de cinéma, deviendront eux-mêmes professeurs ou seront admis comme moines. A voir ces centaines de disciples pratiquer leur art en rangs serrés dans les stades en poussant des cris à l'unisson au moment de porter les coups, l'amateur de films de Bruce Lee est soudain pris d'une compulsion et brûle presque de leur clamer: "je vous prends tous !!!". Heureusement, j'en suis empêché par mon maigre vocabulaire chinois. J'assistai à une démonstration, impressionant mais pas autant que lorsque les moines se déplacent à Bercy, c'est le comble.
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jeudi 7 mai 2009

Nanjing ! Nanjing !

Peu après ma visite à Nanjing j'allais voir un film récemment sorti en Chine et intitulé 'Nanjing! Nanjing!', expérience absolument atroce, deux heures de soldats japonais massacrant prisonniers de guerre et civils à la mitrailleuse, à la baïonette, les brûlant vifs, les décapitant, les pendant, jetant les enfants par les fenêtres, violant sans répit, promettant et mentant, mentant et promettant. Très peu de nuances, un seul soldat repentant pour la forme, le reste des japonais s'égayant, chantant, dansant et blaguant au milieu de la tuerie. Un des seuls bons du film est John Rabe, qui fait l'objet d'un film allemand sur le même sujet, un nazi qui dit-on sauva 200.000 chinois en luttant pour l'établissement d'une zone de réfugiés dans la ville. Les japonais massacrérent jusqu'à 400.000 personnes, chiffre hallucinant, autant que Dresden et Hiroshima réunies.Le film est à l'image de ce que certains chinois m'ont confié de leur vision du Japon et de l'Allemagne. Ils ne pardonnent pas au Japon de n'avoir pas su mené leur «dénazification», leur premier ministre va réguliérement se recueillir sur les tombes des anciens criminels de guerre pour faire le plein de voix, ils admirent au contraire l'Allemagne, pour John Rabe et aussi pour leur multiples actes de repentance. J'abordai le sujet avec un néo-zélandais installé ici depuis quelques mois et il me dit que les films de guerre dans ce genre sont légion et qu'il vit un jour une salle de cinéma entière hurler des cris de victoire lorsqu'à la fin d'un film l'ennemi fut chassé du pays. Les jeunes essaient de tisser des liens avec les japonais qu'ils rencontrent, mais cet épisode est une plaie bien mal renfermée dont on ne sait quels monstres peuvent en sortir...

Nanjing - Mausolée de Sun Yat Sen

Je quittai Shanghai et ses lumiéres pour la ville de Nanjing, ancienne capitale des nationalistes avant l'invasion Japonaise de 1937. La ville, largement détruite au cours de la deuxième guerre mondiale, n'est pas particuliérement agréable ni jolie si ce n'est la montagne violette qui s'éléve au nord-est , ponctuée de villas, tombes de la dynastie Ming, et le mausolée de Sun Yat Sen. Les luttes entre nationalistes et communistes, les massacres répétés (le bac français sur La Condition Humaine, souvenez-vous) pourraient laisser penser que la République Populaire veuille effacer jusqu'au nom des nationalistes de l'histoire de Chine. Pourtant, le mausolée et le musée dédiés à Sun Yat Sen ne tarissent pas d'éloges sur ce grand personnage qui mît fin au régime féodal et rétablît l'Etat après la guerre des clans. On remarque aussi une salle dédiée à la réconciliation avec Taiwan qui semble en bonne route depuis les quelques dernières années. Tous les chinois avec qui j'en discutai souhaitent ardemment une «réunification», à quelles conditions ça j'ai du mal à comprendre.
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mardi 5 mai 2009

Suzhou - Jardins

Depuis Shanghai j'allai a Suzhou pour une journée juste avant le raz de marée de touristes attendu pour le premier mai, un des rares jours fériés en Chine. Suzhou est entre autres réputée pour ses jardins, oeuvres de dignitaires impériaux qui les enrichirent progressivement au fil des décennies. Le 'jardin de l'humble administrateur' que je visitai combine les éléments chinois traditionnels: plan d'eau, végétation, pierres, pavillons. Au contraire des jardins à la française, aux airs si artificiels (et c'est voulu), le jardin donne l'impression d'être en pleine nature mais une nature miniature. Ses créateurs ont réussi à se faire oublier malgré sa composition extrêmement complexe. En citant pêle-mêle, le jardin se doit d'offrir des vues différentes selon les saisons, ici un arbre retenant la neige, là un autre qui fleurit à l'automne, des couleurs bariolées et changeantes, le jardin doit rappeler des paysages connus, montagnes sacrées, chutes d'eau, les pavillons doivent être placés de telle sorte à offrir la meilleure vue en été, par temps de pluie, au lever ou coucher du soleil, l'encadrure des fenêtres est-elle même sculptée pour donner l'ambiance recherchée, ou pour que son ombre projette tels motifs sur le sol, le jardin 'emprunte' des vues aux structures environnantes, là une pagode, ici un arbre dans la distance, tout porte en soi une signification bien précise, longévité, sagesse, bienveillance, les pierres sculptées par la nature sont amenées à grands frais des provinces les plus lointaines, bref c'est un art complet aux raffinements infinis (que mes photos je me rends compte ne véhiculent que très mal).

lundi 4 mai 2009

Shanghai - Musée

Je trouvai enfin le musée, le vrai, de Shanghaï : je laisse admirer les quelques photographies, je préfère par-dessus tout les peintures, même si c'est un art maintenant presque mort puisqu'il n'a pas su se renouveler.
Il est remarquable que l'art figuratif soit très rare en Chine, pendant que nos peintres représentaient massacre des innocents, crucifixion, et maintes batailles sanglantes, les chinois peignaient des pêchers en fleurs, des rivières paisibles, des montagnes embrumées; et même, formule assez jolie, des poëmes. Ils y mettaient tant de soin qu'un tel était spécialiste des bambous, l'autre des pierres, l'autre de tel espèce d'oiseaux,...

vendredi 1 mai 2009

Shanghai - La Longue Marche

En cherchant le musée principal de Shanghai, je tombai tout d'abord sur un "musée d'art" dont les trois étages ne comptaient qu'une seule exposition: des planches relatant la longue marche entreprise par l'armée rouge en 1934 - 1935.
Il y a là de quoi faire pâlir l'Iliade et l'Odyssée réunies: les soldats fuyant sur des ponts précaires sous les balles des nationalistes, affrontant le froid, la faim, la maladie, franchissant des précipices vertigineux, gagnant les paysans et les minorités tribales à leur cause, portant des vieillards sur leurs épaules tel Enée son père Anchise à la chute de Troie, et Mao, partout, exaltant ses troupes, éduquant les jeunes, et planifiant soigneusement laquelle des routes ménera ses compagnons à bon port. C'est ni plus ni moins le mythe fondateur de la Chine communiste. Après la longue marche Mao acquérra une autorité et une aura qui lui assurérent la direction du parti.
Je visitai aussi le lieu, dans l'ancienne concession française, où se tint en 1921 la réunion fondatrice du parti communiste chinois. Les participants, au nombre desquels Mao, durent fuir le bâtiment alors que les forces de l'ordre se rapprochaient dangereusement. On se demande dans ces cas-là que serait l'Histoire s'ils avaient été pris.
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Shanghai

J'arrive enfin à Shanghai, ville qui semble très agréable à vivre mais qui peut être difficile à apprécier pour le touriste. Il n'y a guère de choses à voir, Shanghai n'était peu ou prou qu'un village de pêcheurs avant que les puissances occidentales ne viennent avec leurs flottes de guerre imposer toutes sortes de traités injustes aux chinois. La ville connaît alors un réél développement. Je déambulais donc dans les rues en compagnie d'amis de l'université de Tongji, visitant quelques musées, admirant les gratte-ciels de Pudong illuminant la rivière Huangpo au soleil couchant, et la nuit tombée trop vite tentant de sauver une ou deux photographies des résidences de l'ancienne concession française.
Il semble que la plupart des touristes viennent à Shanghai pour acheter des produits de marques contrefaits. Dans la rue de Nanjing, paradis du shopping mall, l'on est assaillé en permanence par des marchands qui veulent vous conduire à leur boutiques accessibles uniquement par des portes dérobées. Non pas qu'ils craignent d'éventuelles représailles: je m'amusai à pratiquer mon chinois en leur affirmant que j'étais au téléphone tour à tour avec la police chinoise et avec notre président Sarkozy et je n'obtins comme seule réaction de les faire rire aux éclats.
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